J’arrete le blog et c’est une bonne nouvelle

Cet article sera le dernier de ce blog. Pourquoi ? Quand je l’ai créé, en 2010, quelques mois après le diagnostic, il n’y avait pas tous ces groupes Facebook, il n’y avait qu’un Forum, sur Doctissimo, où type 1 et type 2 étaient mélangés. Je me sentais très seule. Dans le même temps, j’avais créé BonoBolus, l’association de parents de Blois, mais je savais que beaucoup de parents n’avaient pas d’association près de chez eux, et qu’un blog me permettait de communiquer avec eux. J’avais besoin de partager mes galères et ce que j’avais trouvé comme solutions pour faire face.

7 ans après, je ne ressens plus ce besoin. Déjà, une multitude de groupes FB et de nombreux bloggers sont apparus, la relève est assurée, mais surtout, je n’ai plus rien à raconter : vivre avec le diabète de Timothée est devenu vivre, tout simplement. Bien sur, il y a toujours des contraintes, le changement de pompe, les controles de glycémie et le calcul des glucides, mais ce sont devenus des habitudes ! l’etre humain est vraiment capable de s’habituer à tout avec un peu de bonne volonté ! Depuis que Titou a le FreeStyle et l’Omnipod, tout est devenu encore plus facile et le fardeau s’est considérablement allégé. Il a 12 ans, il gère ! Il est parti au ski avec le collège, il part pour la journée avec ses amis, y passe même la nuit, le seul truc que l’on vérifie avant qu’il parte c’est qu’il ait du sucre dans ses poches !

Comment en sommes-nous arrivés à cette sérénité ? Notre premier atout a été l’équipe de l’hopital de Blois, qui nous a dit et répété que notre vie n’allait pas devoir s’adapter au diabète, mais que le diabète allait s’adapter à notre vie. Titou a été équipé d’une pompe tout de suite et rapidement nous avons mis en place l’ITF.

C’est aussi en équipe que notre famille a géré la maladie, tous ensemble unis dans l’adversité !

Le premier électrochoc qui a secoué l’angoisse qui me poignait depuis le diagnostic a été ma rencontre avec un Président de Chambre de Métiers : j’exposais mes pochettes et il est venu me montrer sa pompe, tranquille ! Moi qui avait du mal à me projeter dans l’avenir pour Titou j’ai réalisé que rien ne lui serait impossible, que le diabète ne serait pas un frein à son intégration dans le monde du travail.

Ensuite, j’ai eu la chance de participer à des rencontres de bloggers européens lors des Diabetes Meet Up organisé par Roche. Rencontrer tous ces jeunes, plein de vie,  d’insouciance, de projets et les voir vivre avec leur diabète naturellement, en harmonie, avec des hauts et des bas, des fous rires, des soirées arrosées et leurs lendemains difficiles, comme pour tous les jeunes, a été une remise en question des angoisses et des inquiétudes que j’avais encore. Lors du premier événement, nous devions nous raconter mutuellement comment nous avions vécu le diagnostic et j’ai bien senti que ma tristesse et ma colère étonnaient ces jeunes gens. De leur côté, mon récit les a amené à reflechir sur ce que leurs parents avaient traversé, parce que la plupart des parents, comme nous, font le maximum pour que leurs angoisses ne transparaissent pas devant leur enfant. Ces échanges ont été pour moi comme des courants d’air frais qui ont éclairci mon ciel !

Les technologies actuelles, le capteur, l’omnipod nous facilite la vie (voir article) et dans un futur proche Titou aura un pancréas artificiel, d’ici 5 ans, au plus tard, un appareil prendra en charge une part importante du fardeau et quand il partira étudier loin de la maison, je n’aurais pas à m’inquiéter d’une éventuelle hypo nocturne, des algorithmes veilleront sur son sommeil.

Avec le pancréas artificiel, qui maintient la glycémie quasi tout le temps en normo-glycémie, le risque de complications va baisser de façon spectaculaire, éloignant cette épée de Damoclès suspendue au dessus de sa tête.

Dans un futur un peu moins proche, un traitement par des cellules souches, encapsulées ou non, sera mis sur le marché et je sais que Titou ne vivra pas toute sa vie avec les contraintes du diabète.

Voilà, je ne peux que vous souhaiter à vous aussi de faire ce chemin vers l’acceptation !